D'aussi loin que je me souvienne, j'ai
toujours eu un stylo et du papier à portée de main. Il fallait
fixer mon imagination toujours en vadrouille sur un support. A
l'époque j'avais en permanence une idée nouvelle de scénario, des
images plein la tête et une certaine difficulté à m'ancrer dans la
réalité. Je dévorais les livres avec avidité et très vite je me
suis prise au jeu de l'écriture. Poème, nouvelle, conte,... Et
j'ai débuté ce roman.
Ce n'était pas mon premier essai,
j'avais déjà fait des trames plutôt correctes pour d'autres
histoire longues, mais elles n'avaient jamais abouti parce que je les
sentais éphémères. Des histoires qui passent mais ne marquent pas.
Celle-ci par contre s'accrochait à moi.
Je l'ai commencé assez facilement d'ailleurs, parce que c'était un scénario que je me répétais le soir depuis des mois, et la suite est venue plus ou moins rapidement. Il y a eu des bonnes idées et d'autres moins, qui fonctionnaient pendant un temps puis qui ne marchaient plus du tout. J'ai développé des personnages dont je savais déjà qu'ils ne verraient pas la fin et d'autres que je savais immortels.
Je l'ai commencé assez facilement d'ailleurs, parce que c'était un scénario que je me répétais le soir depuis des mois, et la suite est venue plus ou moins rapidement. Il y a eu des bonnes idées et d'autres moins, qui fonctionnaient pendant un temps puis qui ne marchaient plus du tout. J'ai développé des personnages dont je savais déjà qu'ils ne verraient pas la fin et d'autres que je savais immortels.
La fiction se nourrit de la réalité
et durant mes années collège mon roman est devenu noir, brouillon,
en perpétuel changement. Une bonne base à remanier. J'écrivais
sans me rendre compte de mes erreurs, je n'avais pas encore de recul,
pas assez d'expérience dans l'écriture non plus mais également pas
de filtres, pas de peur de me tromper, pas d'hésitation devant mon
vocabulaire parfois inadapté
Arrivée au lycée j'avais quelques
cahiers remplis de scènes et une cinquantaine de pages sur disquette
(oui, je suis assez âgée pour ça). L'histoire a commencé à
stagner. Parce que mon nouvel environnement me convenait mieux,
j'avais moins besoin de m'en échapper ou de façon plus ponctuel et
par voie de poésie.
Il m'arrivait encore de reprendre mes textes, de les relire pour le plaisir de me replonger dans l'histoire, de redécouvrir mes personnages, mais je n'apportais pas encore les changements nécessaires que je percevais plus clairement.
Il m'arrivait encore de reprendre mes textes, de les relire pour le plaisir de me replonger dans l'histoire, de redécouvrir mes personnages, mais je n'apportais pas encore les changements nécessaires que je percevais plus clairement.
Si j'écrivais peu, je dessinais
davantage et prenais de nombreuses notes. Je les ai joint à mes
dossiers en me disant que ça servirait peut-être un jour. Il s’avéra par la suite que c'était une incroyablement bonne idée de
tout conserver méthodiquement.
Ce fut le tour des années fac où
j'évoluais entre deux eaux : à la fois ravie de mon indépendance
et légèrement paniquée face à elle. Je me suis remise à
l'écriture comme une personne tombée à l'eau s'accroche à une
bouée : par réflexe. Je ne saurais pas vous dire si j'ai été très
productive sur le fond, j'en garde peu de souvenir bien que ce soit
une période plus récente que celles dont je vous ai déjà parlé.
J'ai essayé d'effacer de ma mémoire ce qui pouvait avoir eu trait à
mon roman pendant cette période de licence tout simplement parce
qu'y penser me faisait trop souffrir.
En deuxième année je me suis fait
voler mon ordi, avec toute ma vie, comme de bien entendu, coincée à
l'intérieur. Photos, romans, notes de cours, pfffiut, plus rien.
J'avais bien un disque dur externe mais quelqu'un devait tripoter une
poupée vaudou à mon effigie car il a tout simplement rendu l'âme
avant de me rendre mes données.
Bref, j'ai été pendant un long moment
anéantie, ne pouvant pas me remettre de cette perte de poids (ce
n'est pas qu'une image : il y avait 5Go de photos au moins sans
compter le roman et les différentes nouvelles que j'avais finalisé).
J'ai préféré me résigner et me dire que c'était peut-être un
signe que l'histoire ne tournait pas correctement et que je devais la
reprendre à zéro.
Néanmoins, malgré mon nouvel ordinateur, je n'arrivais pas à me relancer dans l'aventure. J'avais rejeté mes carnets où étaient consignés mes premières ébauches de l'histoire. Je ne voulais pas me rendre compte du travail perdu par rapport à ce qu'il me restait.
Néanmoins, malgré mon nouvel ordinateur, je n'arrivais pas à me relancer dans l'aventure. J'avais rejeté mes carnets où étaient consignés mes premières ébauches de l'histoire. Je ne voulais pas me rendre compte du travail perdu par rapport à ce qu'il me restait.
Tout a été relancé grâce à ma
mère, sa curiosité et sa vaine incroyable. Un jour elle m’appela
et me demanda d'écouter : "J'ai un truc à te lire, tu me dis
si ça te parle" et là, au bout de quelques lignes, j'ai
reconnu l'intro de mon roman.
Elle avait été chez un informaticien
qui changeait les VHS en DVD et lui avait demandé s'il pouvait faire
quelque chose pour les disquettes. Et le type de répondre "Ah,
ça tombe bien, je viens de recevoir une machine que je voulais
essayer !". C'est ainsi que les 50 pages de mes années collège
se sont retrouvées dans une clé USB, entre ses mains.
Et je vous arrête tout de suite : elle n'a pas eu la primeur de l'histoire. Par un accord tacite, ou plutôt une interdiction moult fois répétée, je ne lui ai pas permis de lire quoi que ce soit avant que je ne sois totalement satisfaite du résultat. Autant vous dire qu'elle va attendre encore un peu...
Et je vous arrête tout de suite : elle n'a pas eu la primeur de l'histoire. Par un accord tacite, ou plutôt une interdiction moult fois répétée, je ne lui ai pas permis de lire quoi que ce soit avant que je ne sois totalement satisfaite du résultat. Autant vous dire qu'elle va attendre encore un peu...
La machine était relancée. J'avais la
base, mes dossiers et mes carnets avec toutes mes notes et mes
dessins. Finalement je n'avais perdu que quelques 30 pages rédigées
ainsi que quelques notes que je n'avais pas pris le temps de recopier
et j'avais toujours cette idée bizarre que si je l'avais perdu,
c'était pour mieux le refaire.
Puis il y eu le stage, le mémoire de
fin d'année de master, la recherche d'un logement, puis d'un
travail, tout un tas d'excuses valables pour repousser le moment de
s'y mettre.
J'ai vu approcher le quart de siècle tranquillement avec la sensation d'avoir oublier quelque chose. Quand on est ado et qu'on se projette à 25 ans, on s'imagine en couple ? Mariés ? Avec des enfants ? Un CDI ? C'est en tout cas ce que j'entendais autour de moi.
Je dois avouer que mes objectifs ont toujours été simples et humbles : je pensais qu'à 25 ans j'aurais déjà publié mon second livre qui deviendrait un bestseller, comme l'avait été le premier que j'aurais eu fini vers 18 ans.
Quand je rêve, je rêve petit voyez ?
Donc, quart de siècle, et PAF ! je me
rendais soudain compte que non seulement il n'y avait pas de
publication mais surtout il n'y avait pas à proprement parler de
roman. Je pouvais bien prétendre que publier était difficile et
balancer que les maisons d'édition c'étaient pas de la tarte, il
fallait avouer que si un éditeur m'avait demandé mon manuscrit,
j'aurais été bien incapable de lui donner un exemplaire (ou ne
serait-ce que les 100 premières pages).
C'est en partant de ce constat que je
me suis lancée le défi : écrire le roman entier, en un an. Après
tout, j'ai mis deux ans à créer et rédiger mon mémoire, et même
s'il n'était pas parfait, il tenait la route et j'en étais assez
fière. Il n'y a pas de raison que ça ne fonctionne pas avec cette
histoire.
Elle et moi, ça fait 14
ans qu'on est ensemble ;)
Commentaires
Enregistrer un commentaire
Merci pour votre participation ! Ne pas oublier que celle-ci doit toujours être faite dans le respect des autres.